sans un mot
Samedi, quatorze heure trente, la Seine juste en bas… le ciel c’est paré de bleu, de quelques touches de gris içi et là.. Des volutes traversent à reculons l’horizon du 9ième étage. Je contemple les toits de Paris. Panam blanc de lumière, quelle beauté. D’un seul regard, le dos en pierre de Notre Dame, Montmartre au loin solitaire, le Père Lachaise dans son manteau vert se détache immobile.
« Mais la vue d’un beau visage est
comme la vue du fond d’une
d’une tombe
Et l’écriture d’un poème est
comme rentrer en enfer par
la porte du paradis »
d’Abdallah Zrika, Insecte de L’Infini… posé sur la table juxte les baklawas, au gout de miel, de roses et pistaches et mon Glenlivet, Single Malt, sans glace s’il vous plait.
Sous mes pieds, c’est Tyr, c’est Carthage, que l’on raconte, voilà trois milles ans. Ces phéniciens qui naviguent toujours dans nos lettres et phonèmes.
Mais cet aussi Saliba Douaihy, Meriem Bouderbala, Saleh Al-Jumaie et Gazbia Simy qui hante maintenant mon horizon intérieur, intemporel.
A la fin d’un vers, je pose et ouvre mon regard sur le silence du poète.
Mon silence est trahi par la voix de Fayrouz qui me surprend, le feuilleté de miel, de roses, de pistaches en bouche.. A’tini al-Nay s’élève à ma grande détresse. Je pleure sans une larme. Habbeytak suit et m’arrache le coeur sans avertissement..
Tant de beauté, trop de solitude.

samedi, 1 mars, 2008
