۩ Gilbert Jourdren

"La poésie, l'aube du regard."

Au large du vent


blanche

J’ai laissé un cœur dans le sel du Saint-Laurent
Craquelé du souffle des baleines de résine d’épinettes
Fleuve bleu-noir gercé de nuits, aux milles tempêtes
Caressé de la pèche, de morues, sous les voiles de Mingan

Déchiré de ses filets, abandonné au large
Il bat dans la nuit gitant à bâbord
Au chant d’une sirène d’une vierge sans age
Se vidant de l’âme des vagues du remord

Sous les étoiles en silence volent les sarcelles
Vole l’amour, le doux, le vol des cormorans
Glisse la dérive palpitante d’une voix pucelle
Perdant son sang à l’automne du printemps

Passe le vent, passe vents et passions
De bras tendus à la vie aux roches ténèbres
Le courant de nos pas malmenés aux vastes sillons
Sur le sommeil noyé dans le plongeon de l’aigle

blanche

jeudi, 17 septembre, 2009

blanche

blancheîles de mingan

Archipel des Iles de Mingan

blanche

Les cheveux des étoiles
Sur les murs de Babylone
Baignent l’Éden d’un voile
Sur la nuit qui frissonne
A la porte de Dieu
A la porte des cieux
Les aigles déchirent le cœur
Tout en haut des jardins
D’un poète pèlerin
Debout au puits des heures
Récitant la beauté
La lune et le blé
Son âme jetée au fleuve
S’enfonce à la dérive
Dans les mains de la veuve
Dans son sein qui enivre
La langue lourde et la vie
D’un nouveau paradis
Et les sables s’envolent
Les chemins de ses vers
Dans le chant de sa mort
Comme glisse le serpent
Sur l’arbre de ses pères
Sur le livre paroles
Sur son dernier serment