Au large du vent

J’ai laissé un cœur dans le sel du Saint-Laurent
Craquelé du souffle des baleines de résine d’épinettes
Fleuve bleu-noir gercé de nuits, aux milles tempêtes
Caressé de la pèche, de morues, sous les voiles de Mingan
Déchiré de ses filets, abandonné au large
Il bat dans la nuit gitant à bâbord
Au chant d’une sirène d’une vierge sans age
Se vidant de l’âme des vagues du remord
Sous les étoiles en silence volent les sarcelles
Vole l’amour, le doux, le vol des cormorans
Glisse la dérive palpitante d’une voix pucelle
Perdant son sang à l’automne du printemps
Passe le vent, passe vents et passions
De bras tendus à la vie aux roches ténèbres
Le courant de nos pas malmenés aux vastes sillons
Sur le sommeil noyé dans le plongeon de l’aigle

jeudi, 17 septembre, 2009



Archipel des Iles de Mingan
