۩ Gilbert Jourdren

"La poésie, l'aube du regard."

Dernier détour


blanche

Hanté par la lumière
Le soir des eaux obscures
Quand la vie s’étincelle
A la rencontre d’un mur
D’un cœur monté de pierres
Qu’une douleur ensorcèle

Tu marches seul dans la nuit
Dans ton dernier hiver
Sans un cri, sans un bruit
Tout au bout de tes vers
En pleurant le verbe aimer
A grands coups de pieds

C’était hier sous la pluie
Qu’elle était dans tes bras
Celle que tu as toujours fuit
Au plus profond de toi

Tu as soufflé tous les vents
Les as tatoué de poignards
Les mains aux paumes brulées
Au fil des pas délirants
Chemins de tout ton passé
Témoins de tous tes cafards

C’était hier sous la pluie
Dans tes yeux de bagnard
Celle que tu as toujours fuit
Ferme ses yeux au revoir

L’amour sous le manteau
Aux larmes du crépuscule
Les doigts bleus refermés
Nu de l’âme, nu de peau
Toute une vie se bouscule
D’un souffle décharné

C’était hier sous la pluie
Encore un jour en retard
Elle que tu as toujours fui
Lasse ton dernier regard

blanche

samedi, 19 septembre, 2009

blanche

Les cheveux des étoiles
Sur les murs de Babylone
Baignent l’Éden d’un voile
Sur la nuit qui frissonne
A la porte de Dieu
A la porte des cieux
Les aigles déchirent le cœur
Tout en haut des jardins
D’un poète pèlerin
Debout au puits des heures
Récitant la beauté
La lune et le blé
Son âme jetée au fleuve
S’enfonce à la dérive
Dans les mains de la veuve
Dans son sein qui enivre
La langue lourde et la vie
D’un nouveau paradis
Et les sables s’envolent
Les chemins de ses vers
Dans le chant de sa mort
Comme glisse le serpent
Sur l’arbre de ses pères
Sur le livre paroles
Sur son dernier serment