۩ Gilbert Jourdren

"La poésie, l'aube du regard."

Lits de glace


blanche

Sur tes yeux tatoués des papillons noirs
Les ailes chargées de sel aux matins sans lune
Accrochent d’un dernier vol leurs pauvres miroirs
Fleurs d’argent où miroitent figées les dunes

D’un élan suspendu les rūnes du souvenir
Se font silence et encre à peine sur tes lèvres
Où la face de l’âme aussi lourde qu’un solitaire menhir
S’imprime de pupilles blanchies creusées de vieux rêves

As-tu vu hier les arbres coupés à la dérive
Pleurer d’hivers tremblants leurs tendres racines
A court de mémoires comme toi à court de salive
Emporter sur le courant de vos dernières concubines

Retourner ainsi que le jour le fleuve de vos amours
Enchainé aux pieds de vos derniers faibles ressacs
Tu traines l’oubli maintenant aveugle et sourd
La plume aux larmes sèches à tes doigts opaques

blanche

mardi, 8 septembre, 2009

blanche

Les cheveux des étoiles
Sur les murs de Babylone
Baignent l’Éden d’un voile
Sur la nuit qui frissonne
A la porte de Dieu
A la porte des cieux
Les aigles déchirent le cœur
Tout en haut des jardins
D’un poète pèlerin
Debout au puits des heures
Récitant la beauté
La lune et le blé
Son âme jetée au fleuve
S’enfonce à la dérive
Dans les mains de la veuve
Dans son sein qui enivre
La langue lourde et la vie
D’un nouveau paradis
Et les sables s’envolent
Les chemins de ses vers
Dans le chant de sa mort
Comme glisse le serpent
Sur l’arbre de ses pères
Sur le livre paroles
Sur son dernier serment