Lits de glace

Sur tes yeux tatoués des papillons noirs
Les ailes chargées de sel aux matins sans lune
Accrochent d’un dernier vol leurs pauvres miroirs
Fleurs d’argent où miroitent figées les dunes
D’un élan suspendu les rūnes du souvenir
Se font silence et encre à peine sur tes lèvres
Où la face de l’âme aussi lourde qu’un solitaire menhir
S’imprime de pupilles blanchies creusées de vieux rêves
As-tu vu hier les arbres coupés à la dérive
Pleurer d’hivers tremblants leurs tendres racines
A court de mémoires comme toi à court de salive
Emporter sur le courant de vos dernières concubines
Retourner ainsi que le jour le fleuve de vos amours
Enchainé aux pieds de vos derniers faibles ressacs
Tu traines l’oubli maintenant aveugle et sourd
La plume aux larmes sèches à tes doigts opaques

mardi, 8 septembre, 2009
