Un matin pas comme les autres
- Ben quoi tu’n l’as pas baisé?
T’étais trop saoul?
- M’enfin… d’être rond m’a jamais empêcher d’aller à la pèche!
J’peux boire mon café en paix…?
- N’empêche qu’avec la gueule qu’elle te fait qu’on se demande
ce que tu lui as fait.
T’es tombé en panne de Viagra?
- Tu fais chier! Merde!
Dis.. J’peux pas boire mon café en paix?
- Oula, t’es pas à prendre avec des pincettes.. c’est l’andropause qui t’a rattrapé?
Une femelle magnifique comme ça et toi tu fais quoi?
Tu fais la fine gueule?
- Oui.
- Quoi oui?
- Oui… j’ai pas aimé la présentation.. c’est mon droit!
Moi Monsieur, j’aime la fine cuisine.. si je veux un sandwich sur le pouce..
je ne vais pas au McDo non plus..
- C’est quoi ce délire… Elle est foutue comme tu les aimes… grande, mince..
belle et intelligente en plus.. une artiste!
- Ben oui et alors.. elles sont 10 sous la douzaine…. les artistes….
Mais tu sais… les femmes c’est comme les bourrins… faut toujours les choisir par la cheville!
- Un verre de rhum?
- Yes Sir!
Allez.. shoot moi z’en un!
- Alors, t’étais trop bourré, hein?
- M’enfin.. on a le droit de pas avoir envie merde!
N’empêche qu’elle embrasse très bien.. mais moi je suis un homme sensible…
Uno… elle me fait le coup de la planche à repasser…. et deuzio elle est pas rasée!!!
- Attends… qu’est-ce que tu’m racontes? Tu l’as pas baisé pour deux trois poils?
- Rien à voir….toi t’es comme les grecs.. tu fais pas la différence entre le cu d’une femme et celui d’un âne!
C’est une question de respect de soi-même… l’histoire d’une vie… la vie c’est un peu comme un musée,
certains aiment les antiquités, d’autres l’art moderne…
Moi j’aime les femmes.
- Ben quoi.. tu voulais la baiser dans un musée? N’importe quoi…
- T’es con… A vingt ans on saute sur tout ce qui bouge… maintenant.. j’ai des
préférences.. c’est comme les fruits au marché.. on n’achète pas tout ce que
l’on palpe!
Faut pendre dans sa main, humer, sentir… et si c’est mûr….. si c’est mûr.. là ..
alors on négocie.
- Dis.. tu’n penses pas que t’es peut-être passé date?
- Écoute… un peu.. c’est une question de principe…
D’abord elle me saute dessus… elle embrasse bien.. alors je lui pardonne…
j’m dis.. je l’avais pas sentie celle-là….
mais donnons sa chance à cette femelle en rut.
- Donc c’était bien parti…
- Ben oui.. dans un sens oui… pourtant quand je l’avais vu danser… tout de suite
j’avais vu.. là pas un bon plan… à 40 ans elle bouge comme une adolescente,
j’m'étais dit.. donc je suis resté au bar.
- J’te suis plus…
- C’est pour ça que t’es toujours avec ta femme!
- Laisse ma taulière en dehors de ton histoire s’il te plaît..
- Sers moi un verre.. et je suis pas sûr que c’est lui rendre service… mais bon
t’es un pote.. et les potes sont plus rares que les meufs
Écoute elle est chouette… on se désape en s’embrassant.. toute sensuelle…
j’avoue que j’étais surpris.. entreprenante.. et là.. une fois à poil et câline.. elle
ne bouge plus.
- Bien c’était à toi de jouer !!! quel muffle tu fais….
- Dédé… j’aime la découverte mutuelle.. si Madame veut du service elle n’avait
qu’à se payer un gigolo…
- Me faire le coup de la femme émancipée.. pour me refiler l’initiative….
elle a vu la Vierge!!!
- Tu aurais pu faire un effort…
- Exact… là c’est exactement ce que je me suis dit… elle a la peau d’une de ces
douceur.. incroyable..
je l’embrasse du bout des lèvres descendant sur son ventre… de la main
j’écarte ses cuisses…
et là je sens les sous-bois à l’abandon sous mes doigts… comme une chinoise…
- Et alors…?
- Je me rase, moi Monsieur… j’aime les chattes.. mais quand elles me prennent
en bouche..
elles peuvent tout sucer, grignoter et avaler sans finir en crachant avec une
boule de poils dans la gorge.
Je suis un matou pour grandes chattes civilisées…. toilettées, brossées…
pour les jouisseuses les plus raffinées..
- Grosso modo.. des excuses pour ne pas tenir la route…. t’étais saoul..
cherche pas plus loin..
- T’as rien compris… écoute… une femme qui mène le jeu et soudainement elle
fait la morte!
Il y a un gros blême… j’ai senti qu’elle avait subie de la violence.. qu’elle avait
besoin de tendresse..
pas d’une baise… sinon elle n’aurait pas rabattu ses ailes en plein vol. Dans sa
tête elle mélange les encore les deux.
L’agression, le besoin de tendresse.. d’être aimée. Mais elle n’est pas prête à
aimer.. et l’amour.. même celui d’une nuit..
doit être partagé.. chéri sans tabous… là rencontre de nos cicatrices, où l’on
embrasse les peurs de l’autre.
Où lui offre un peu de bonheur au-delà du plaisir de la peau. D’être unique pour
quelques heures.
- Te voilà philosophe de l’amour maintenant…
- Dédé, arrête s’il te plait… tu m’as demandé… alors je te réponds. Pour aimer il
faut être prêt…
A prendre et quitter l’autre… mais que l’autre sorte plus forte de l’étreinte…
qu’elle soit conquérante vers d’autres rencontres… une nuit avec une femme
doit être unique dans tout les sens…
pas du fast-love.. chaque nuit comme la dernière.. combien de nuits portes-tu
en toi?
- Je ne sais pas… je suis marié depuis si longtemps.
- Et tu vis maintenant parfois à travers la nuit des autres.
Être sauvage implique une grande responsabilité. Car celle que tu touches
partage avec toi la nature et la mort.
- La mort..?
- Oui.. celle du lendemain… vivre au présent. C’est mourir à demain.
Arracher sa robe.. c’est la dénuder à jamais. Et cela.. on ne le fait pas à une
femme aux plaies ouvertes.
Aimer c’est parfois, prendre l’autre dans ses bras.
Au-delà de son incompréhension.
Et l’endormir dans la nuit en lui caressant le front.

samedi, 29 août, 2009
