۩ Gilbert Jourdren

"La poésie, l'aube du regard."

Vert granite


blanche

Les arbres racines à nos doigts
Se penchent lourds violets dans le vent
Un vent d’orages entre nos lèvres
Rebelles excisées à nos peines

Ils avancent sur la nuit de sel
Le chemin raide gravés d’hiers
Les chevilles nouées à la terre
Sculptées de nos peurs, de nos vies

Seul un chapeau comme une feuille
Tremble perché au lampadaire
Luciole fragile témoin
De nos guerres, de nos batailles

Les champs les jardins labourés
Naufragés à nos pas incultes
Rêvent de paix comme de grandes pluies
Bateaux ivres glanés au sommeil

Ces forêts encore nous dévorent
Bêtes insensées aux yeux défaits
Taureaux sauvages aux mille larmes
Tapissant nos amours suspendus

Pitié pour un jour de raison
Pitié pour une heure d’écoute
Pour un instant de liberté
Pour un tout petit peu d’espoir

blanche

dimanche, 3 janvier, 2010

blanche